Je l’ai déjà dit, j’ai eu un crash [Réf:Tu es bien sûr de n’avoir pas vu de voiture ?]. Un type est rentré dans ma voiture avec la sienne. De front. Brutal et violent. Blessés, pompiers, policiers, témoins et badauds. La routine en fait. Comme partout ailleurs. Avec le recul il est clair que chacun des acteurs d’une scène d’accident de la route a un rôle à jouer. Les témoins tout d’abord sont les premiers. Ils interviennent avant tout le monde. On sécurise les passagers et chauffeurs, puis on appelle les secours officiels: Pompiers et policiers. Les policiers sont plus prompts parce qu’ils sont les seuls à patrouiller. Mon expérience de noctambule m’a montré qu’avant la guerre en Côte d’Ivoire, les premiers qui arrivaient sur les lieux d’accidents étaient les agents de sécurité privés. C’était normal. Les sociétés de sécurité privée étaient les seules capables de se payer les véhicules et le carburant nécessaires aux patrouilles de routine.Aujourd’hui, l’état de guerre latente qui a heureusement disparu a laissé des traces chez les FDS ivoiriennes (FDS= Forces de Défense et de Sécurité). On se sent plus “concerné” par les questions de sécurisation. Particulièrement à Abidjan. D’où les patrouilles régulières de police ou de gendarmerie. On a trouvé les moyens de financer ces opérations. On peut se demander comment, mais là n’est pas notre débat.
Revenons donc à notre sujet. Les policiers, arrivés sur les lieux, confirment aux pompiers qu’il y a bien eu un accident. Parce que dans la réalité, messieurs les pompiers ne viennent que s’ils ont été appelés par une autorité qu’ils reconnaissent: police, gendarmerie, armée ou encore personnes appartenant ou proches de ces “corps habillés”. Nous les pov’ civils, on est trop nuls pour que sur un simple appel, des pompiers se déplacent. A preuve, on est tellement cons que notre jeu favori, c’est de faire des blagues aux pompiers. Voilà pourquoi ils ne décrochent pas quand on les appelle. En plus, on se balade le corps ”non habillé”. Quels cons.
Dans mon cas, un témoin arrivé en premier sur les lieux de l’accident a vainement tenté de joindre le central des sapeurs-pompiers. Il a fini par se rappeler qu’il avait un ami pompier, lequel a eu l’obligeance d’interrompre son sommeil et appeler ses potes de service ce soir-là. Je l’ai appris plus tard, parce que durant tout ce temps, moi, je piquais un somme. Affalé sur mon volant. En train de décider si je devais rester évanoui, reprendre conscience ou dormir pour toujours.
Au final, pompiers, policiers, témoins et badauds, tous les acteurs sont là et chacun fait son boulot. Ok. Sauf qu’à la fin, je me retrouve sans carte d’identité. Egarée, ma CNI Verte.
Mister Policer, où est ma carte d’identité ? Je vous l’ai remise avec mon permis de conduire et les pièces de la voiture. Comment çà vous ne l’avez pas ? Mais si si !! Je m’en souviens parce qu’elle était coincée avec mon permis de conduire dans la boite à gants. Je l’ai moi-même forcée cette boite à gants !! Ah bon ? Ce sont les pompiers qui ont gardé tous mes papiers ? Ils vous les ont ramenés seulement après nous avoir déposé aux urgences ? Bien merci quand même.
Mister Pompier, où est ma carte d’identité ? Comment ça ? C’est le flic lui-même qui m’envoie vers vous. Il n’y avait pas de carte d’identité avec mes papiers ? Mais si, je vous le dis. Vous ne voulez pas fouiller dans vos papiers et objets trouvés ? Non je suis désolé, mais ça fait 3 fois que je viens vous voir, et là, je n’ai pas encore fini ma série de soins, radios, examens et scanners. Physiquement, je suis HS, depuis plusieurs jours que je recherche ma carte d’identité. Eh bien, merci quand même…(quel idiot).
Mister Policer, c’est encore moi l’accidenté qui est devenu sans-papiers depuis que vous êtes intervenus pour le constat d’assurance. Comment ça va chez moi ? Pas très bien parce que voyez-vous, pour régler les questions d’assurance et autres, eh bien, il me faut prouver que je suis moi. Or vous avez gardé mon permis de conduire. Je suis donc là devant vous pour me faire une nouvelle pièce d’identité. Pas de problème pour votre bakchich. Merci chef !


Je suis membre de ces réseaux...