
Le Roi des Vuvuzelas !
Eh ben voilà, on y est ! Pas à la coupe du monde de football, mais plutôt à mon premier vrai billet pour 2010. Je ne vais pas revenir sur cette « trop » longue absence (cf. billet « [Réf:Et hop on reprend du service]« ). Mais voilà, c’est quand même la toute première coupe du monde de football organisée « sur le sol africain » comme ils disent. J’avoue que pour moi, au delà de l’aspect historique de cet évènement, j’appréhendais la chose comme une de ces autres banalités sportives que nous servent les médias à longueur d’année. Du coup, assis dans un bistrot à regarder d’un œil distrait l’écran plasma fièrement accroché au mur d’en face, je me suis retrouvé à déguster une bière « strangeuse » d’appellation contrôlée par mon ami et grand frère Dr K. Et tout d’un coup, la télévision se met à diffuser ce qui allait devenir la série culte de cet été : La saga des vuvuzelas !
Tout commence par une fête populaire organisée sur la grande place du village Vuvuzela. Dieu que la fête était endiablée ! « …Femmes, enfants, poulets, poussins et canards, déambulaient autour des mortiers comme élèves on les a laissés en vacances« . Et comme il est de coutume sur ces terres, les invités des autres villages étaient attendus nombreux. Des cases avaient même été construites spécialement pour eux. Des jeunes filles choisies parmi les plus belles poitrines vuvuzela avaient été lavées et leur corps oints de cette huile qui réveille les sens. Les femmes avaient confectionné des mets aussi succulents les uns que les autres, certaines y ayant subrepticement versé quelques larmes de « likpiya », histoire de se garantir une finale torride (Ce n’est pas grave si vous ne savez pas ce que c’est, allez chercher sur Nouchi.com).
NOTE IMPORTANTE : Alors que je souhaitais faire un lien vers le site que je viens de citer, je reçois le message suivant :
Page malveillante !
« La page Web sur www.nouchi.com a été signalée comme étant une page malveillante et a été bloquée sur la base de vos préférences de sécurité. »
Si vous souhaitez quand même aller sur ce site, c’est à vos risques et périls. Après révision, pour ceux qui ne connaissent pas, le likpiya, c’est ici
Où en étais-je ? Ah oui !! La fête avait été bien préparée et battait son plein au village de la tribu Vuvuzela. Les invités avaient commencé à venir en nombre et la place du village se noircissait d’une foule de plus en plus dense, hystérique, colorée et joyeuse. Je vous assure mes amis, ça allait être une grande et belle fête !
Partout dans le village, la tribu avait sorti ce qui lui avait donné son nom : un très long instrument à vent, réputé faire un bruit assourdissant pour peu qu’on sache y souffler. Et toute la tribu de « vuvuzeler » à qui mieux mieux dans tout le village. Sur la grande place, le vacarme était tel que les oiseaux et autres locataires du vieil arbre à palabre s’en étaient allés loin, écœurés par cet époumonnage collectif et tribal. Mais chez les vuvuzelas, toute cette ambiance était normale pour un jour de grande liesse populaire.
Et soudain, comme une note discordante dans ce vacarme, l’on entendit comme une plainte : « Qu’est-ce que c’est que ce boucan qu’ils font ? ». Et une autre : « On devrait leur interdire ce truc ! C’est agaçant… ».
Interdits, tous les vuvuzeleurs s’étaient arrêtés. Brutalement. Tous étaient stupéfaits (En Zouglou, ça veut dire : « Si tu peux, tu fais »).
Déconcertés, les membres du clan des vuvuzelas se regardaient, se demandant si c’était une blague de mauvais goût et puis…dans un grand éclat de rire collectif, ils partirent tous ensemble. C’est qu’on avait fini par savoir qui venait d’oser interrompre les vuvuzeleurs : un groupe d’invités, venus de si loin qu’ils se sentaient complètement perdus dans cette ambiance qu’ils découvraient, eux qui pourtant étaient des habitués des grandes fêtes populaires ! C’est vrai quoi ! Ils gueulaient depuis un moment, mais personne ne les entendait ! Frustrant.
Puis, le Roi des vuvuzelas s’avança vers le groupe des frustrés :
- » Vuvuzela ? » interrogea-t’il.
- » Nunupala !!! » lui répondirent en cœur les étrangers, avec un air de défi apeuré [oui oui, ça existe !]
- « Alors, va chez vous. » conclut-t’il.
Et sur ce, il leur sortit un magnifique « dos rond » ( « dos de chat »), et entama la danse du kangourou apprise de Don Mike, le Gourou, lors de son dernier passage à Abidjan.
Il n’en fallait pas plus pour que la saga des vuvuzelas reprenne de plus belle. Et les trompettes vuvuzelas chantaient un hymne assourdissant qui disait pour qui savait entendre :
« De longs siècles, nous avons soufferts de ta main ô étranger »
« Aujourd’hui chaque jour nous rend plus forts, et ça, tu le sais, tu le vois, tu le sens »
« Devrais-je te remercier pour ce que tu m’a pris et que j’ai conquis à nouveau ? »
« J’ai mérité de te faire voir comment je redessine ces choses que tu crois tiennes »
« C’est pourquoi je rugis à ta face et te fais entendre la voix des vuvuzelas »
« Si nos queues de singes te gênent pendant notre bal, alors rentre chez toi »
« Car chez nous, « va chez toi » n’est pas une injure.«
Voilà ce que m’a inspiré la saga des « vuvuzelas » et l’hypocrisie des « nunupalas ». Lesquels oublient volontairement que le très officiel Vuvuzela Orchestra a démontré que « Le son de la vuvuzela peut être très beau« .
« Je ne suis pas un Bloggeur »


Je suis membre de ces réseaux...