C’est quoi un buzz ? Si on va jeter un coup d’œil sur Wikipedia on a la définition suivante :” Le buzz (anglicisme de bourdonnement) est une technique marketing consistant, comme son nom l’indique, à faire du bruit autour d’un nouveau produit ou d’une offre. Proche du marketing viral, il en diffère par la maîtrise du contenu (message publicitaire). On peut aussi parler de quelque chose ayant fait son buzz quand il s’agit d’un contenu (vidéo ou audio) qui aura été ébruité le plus possible au point d’avoir été vu par beaucoup de gens en un temps très court.” C’est cette dernière définition qui nous intéresse ici. Un des sports favoris des ivoiriens ces dernières années est “l’affairage”. Une activité qui consiste en résumé à s’occuper de s’informer sur la vie privée des autres. Rumeurs et fausses nouvelles sont les outils des affairés, une race d’ivoiriens qui se développe de façon exponentielle à Abidjan. Une version bas de gamme du “peopleing”. D’où le succès du mensuel ivoirien Life Magazine, “Voir, se voir et être vu”. Que je félicite au passage pour la qualité exceptionnellement professionnelle de ses photos. Bon boulot pour les graphismes. Le reste est question de goût.
Toute la ville en parle. Il s’agit de la dernière vidéo qu’on se passe de mobile en mobile. Et comme chacun le sait, c’est toujours une histoire de sexe. Les ébats sexuels et généralement inavouables d’un couple, dont l’un des membres est « quelqu’un ». La vidéo du cadre ou directeur de la CEPE avec sa secrétaire, dans des bureaux a fait le buzz durant quelques semaines ici à Abidjan. Avant celle-là, il y a bien eu celle des collégiens partouzant avec une de leurs camarade de classe (mineure de toute évidence, bien que cela ne signifie plus rien ici à Abidjan). Et au plus fort de la crise militaro-politique, le film du chef de guerre partouzard. Et bien d’autres encore. Souffrez que la liste s’arrête ici.
De toute évidence, il est clair qu’aujourd’hui, pour faire le buzz à Abidjan, il vous faut un mobile capable de faire des vidéos, un couple en plein ébat sexuels (on privilégiera les personnes censées être respectables, genre cadres ou personnages publiques), et un cercle d’amis aux grandes oreilles et larges bouches pour diffuser largement le scoop. Le tour est joué. Ah ! Très important, il faut que les visages soient suffisamment flous pour ne pas être formellement reconnus et surtout, l’endroit doit être assez inhabituel. Bureau, siège de voiture, toilettes publiques, voire broussaille seraient parfaits. Ne surtout pas oublier de présenter des scènes sans équivoques. Le genre que tout le monde trouve abject tant que c’est les autres qui le font. Et que c’est rendu publique.
Pour les réseaux de diffusion, ne jamais s’en faire. Il y aura toujours un petit malin dans votre cercle de grandes gueules pour passer le truc à un copain qui saura bien le mettre sur un ordinateur et inonder nos boites aux lettres. Comme disent les zougloumens, « ...aujourd’hui, même celui qui ne se brosse pas (les dents) sait ouvrir un mail« .
Les mobiles capables de faire des vidéos ont encore de très beaux jours devant eux. Dommage qu’on ne les utilise pas pour filmer nos amis racketteurs en plein délit, ou ces types qui utilisent les trottoirs comme urinoirs. Pour en faire une émission télévisée à large diffusion. Comme au Ghana, paraitrait-il…
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